Informations et vie de la paroisse

 

Dimanche, 3 juillet 2016

Fête paroissiale

Lannée sest clôturée avec la fête paroissiale réunissant les communautés allemande, togolaise, philipine et française. Le stand français a vendu des crêps (merci à la crêperie Ti Breizh qui nous a prêté gracieusement la crêpière).

Un grand merci pour les volontaires lors de cette fête et merci pour les aides ponctuelles ou engagées tout au long de cette année.

Bonnes vacances !

 

 


 

Samedi, 25 juin 2016

A la rencontre de nos frères musulmans

 

« La lumière », en Arabe « Al-Nour » ; c’est le nom de la mosquée où je me suis rendu le samedi 25 juin au coucher du soleil sur l’invitation de l’imam pour la rupture du jeûne du Ramadan. Nous étions un petit groupe de chrétiens, dont le Père Martin Löwenstein SJ et la pasteure évangélique de St-Jacobi Astrid Kleist.

 Discours repas

Et c’est bien la lumière divine qui nous éclairait ce soir, comme nous l’a montré l’accueil chaleureux que nous avons reçu, tant de la part de l’imam Samir el-Rajab, du président de la Schoura de Hambourg (conseil des communautés musulmanes) Daniel Abdin et des fidèles. Les discours des uns et des autres ont mis en avant ce qui nous rapproche, comme la recherche de Dieu, l’histoire commune ou plus prosaïquement le caractère multi-culturel de nos communautés. En effet, comme le Kleiner Michel, la mosquée Al-Nur a un aspect « international » et regroupe des hommes et des femmes venant d’horizons biens différents unis par la même foi.

Etre présent pendant la prière m’a touché ; comment ne pas se sentir proche de tous ces hommes et ces femmes tournés vers un Dieu miséricordieux ! Le partage du repas proprement dit a été l’occasion d’échanger avec des croyants dans une atmosphère fraternelle.

Pia Heyne, qui a contribué à organiser cette soirée et l’a vécue au côté des musulmanes m’a fait part de ses motivations : « Nous avons voulu créé un espace pour un dialogue très simple, entre les gens « normaux » , pour faire la connaissance de nos voisins inconnus, pour passer un bon temps avec des gens qui vivent à côté de chez nous, mais avec qui nous entrons rarement en contact. Encore une fois la soirée a dépassé nos espérances ».

La prochaine (et dernière) soirée est prévue le 3 juillet à 21h30, Kleiner Pulverteich 17 près d’Hauptbahnhoff ; je vous encourage vivement à ne pas manquer cette occasion de vivre un dialogue dont notre monde a besoin. Vos talents culinaires (végétariens) seront appréciés: du fromage pyrénéen et des feuilletés que j’avais apporté il n’est rien resté.

Patrick Callec

 


 

Samedi, 11 juin 2016

Profession de foi

Le 11 juin 2016 quatre enfants de notre paroisse française ont fait leur profession de foi : Audrey Honliasso, Adélaïde Landrier, Édouard Colomb et Léonie Hyvernat. Après avoir réfléchi pendant leur préparation à leur engagement comme témoins du Christ, ils ont prononcé à nouveau devant la communauté les vœux formulés lors de leurs baptêmes. Souhaitons leur de poursuivre avec allégresse leur chemin de foi !

Profession de foi

 


 

Dimanche, 5 juin 2016

Première Communion

 

La préparation à la première communion s’est déroulée cette année entre janvier et mai 2016. Cinq enfants se sont préparés à recevoir pour la première fois le sacrement de l’eucharistie. Les séances de préparation avaient lieu tous les 15 jours hors vacances scolaires et une journée de retraite a eu lieu chez les sœurs Xavières dans la paroisse de Billstedt le samedi 28 mai.

Réunion de catéchèse

Journée de récollection

Cette journée de retraite a été très riche grâce à la participation de Sœur Béatrice et Patrick Callec qui ont témoigné sur des thèmes comme l’appel de Dieu, la rencontre personnelle avec Dieu et le sacrement de réconciliation. Un grand beau temps a également permis aux enfants de profiter du jardin de la paroisse et la générosité de leurs parents nous a régalé pour le repas de midi et le goûter. Enfin, Sœur Béatrice nous a fait visiter les appartements de la communauté des sœurs Xavières. La journée s’est terminée à Billstedt sur un temps de prière devant le Saint Sacrement dans la chapelle des sœurs et au Kleiner Michel avec l’ensemble de la communauté française avec la messe.

Puis après un temps de réconciliation et la répétition de la messe le vendredi 3 juin, les enfants ont pu vivre une très belle messe (merci encore à tous ceux qui y ont participé en particulier aux musiciens et à notre animateur Pierre-Owen) le dimanche 5 juin malgré la chaleur dans l’église. Les enfants ont aussi eu la chance d’avoir la présence à leur côté de M. Ugo Gentil, envoyé par le pape à Hambourg ce week-end là pour préparer le pèlerinage Fratello: il a notamment présenté pendant l’homélie cette invitation du pape François aux sans-abris d’Europe de venir le rencontrer et faire 3 jours de retraite en novembre avec lui à Rome pour clore l’année de la Miséricorde.

Après une petite séance photo sur le parvis de l’église et un apéritif convivial avec l’ensemble de la communauté, les familles ont pu profiter d’une belle journée de fête avec un grand soleil.

Célébration Première Communion

 


 

Dimanche, 28 février 2016

Journée de récollection à Nütschau

 

Le 28 février une vingtaine d’adultes de la paroisse francophone a participé à une retraite à la journée au prieuré bénédictin St Ansgar de Nütschau. Il s’agissait d’une journée d’introspection et de méditation au contact de la nature.

Après avoir assisté à la prière de midi avec les moines, nous prenions ensemble le déjeuner puis nous laissions les enfants aux baby-sitters et le temps de retraite pouvait commencer.

beim Essen

Inspiré par la philosophie de Heidegger, le Père Roser nous a invités à nous éloigner de nos préoccupations en vue de l’avenir et de nos contrariétés du passé, pour entrer dans la contemplation du présent et des merveilles de la nature, la meilleure façon d’entrer en contact authentique avec Dieu. Gâtés par un grand soleil d’hiver, nous voilà partis à déambuler dans la campagne autour de Nütschau, propice à l’émerveillement et à la réflexion, en la seule compagnie d’un texte de la Genèse dans lequel Dieu conclut son Alliance avec Abraham.

Kloster Nütschau

De retour au monastère, nous poursuivions l’après-midi par les vêpres, puis concluions en exprimant notre sentiment de relaxation, notre satisfaction d’avoir interrompu trop brièvement la frénésie du quotidien et notre envie de renouveler cette expérience inspirante.

Gruppenphoto

 


 

Dimanche, 6 décembre 2015

Lettre pastorale de l’archevêque Stefan Heße

à loccasion de l’année de la miséricorde

 

Logo évêché d'Hambourg

Chers frères et sœurs,

Depuis des mois des images nous submergent, des hommes et des femmes n’ayant que le strict nécessaire, souvent habillés trop légèrement pour la saison et qui sont en route, par tous les temps, à la recherche d’un refuge quelque part. Parmi ces personnes, beaucoup d’enfants et de femmes portant le poids de terribles expériences. Ce ne sont pas que des images dans les médias. Ces personnes sont devenues notre prochain, dans notre pays et jusque dans les villes de notre diocèse. Rendons grâce à Dieu pour la vague de bonne volonté que nous avons vue se lever à cette occasion. Je remercie chaleureusement chacune et chacun d’entre vous pour ses engagements.

De plus en plus, je suis convaincu d’une chose : sans affection, sans aide, sans bonté, sans amour, il est impossible de vivre. Ces hommes et ces femmes qui cherchent refuge loin de leur pays ne le peuvent pas, pas plus que nous.

Le pape François place son ministère de service sous le thème de la « miséricorde ». Depuis son élection, il en a toujours parlé. Il n’est alors absolument pas surprenant que notre pape invite l’Église universelle à fêter une année de la miséricorde. Celle-ci s’ouvre avec l’Avent 2015. Pour François, cette année est un jubilé, une année sainte extraordinaire.

Le mot « miséricorde » peut sonner un peu déplacé à nos oreilles, un peu encombrant. Dans la Bible, c’est cependant un thème majeur qui exprime quelque chose de l’essence même de Dieu. Le plus naturellement du monde, la Bible dit que Dieu a un cœur et qu’il brûle d’un amour passionné pour les hommes, en particulier pour les pauvres, et ce quelle que soit leur pauvreté.

Nous fêtons Noël dans quelques semaines, c’est une fête qui exprime l’amour miséricordieux de notre Dieu. Dieu se fait homme, comme nous, et il accepte notre misère. Pas seulement pour un moment, mais pour toujours. Pas seulement par ouï-dire, mais dans tout son être.

« Tout en Jésus parle de la miséricorde. Mieux ! Il est lui-même la miséricorde ». Jésus annonce cette miséricorde dans sa bonne nouvelle, l’un des passages les plus marquants en est la parabole du père miséricordieux et du fils prodigue au chapitre 15 de l’Évangile de Luc.

Chers frères et sœurs, pour cette année jubilaire de la miséricorde, je voudrais vous donner trois pistes de réflexion et d’action :

1. Le pape François a décrété une année extraordinaire de la miséricorde mais ne nous y trompons pas, la miséricorde de Dieu est tout sauf extraordinaire. Elle est l’essence même de Dieu et transparaît à chaque page de l’Écriture sainte. Durant cette année, écoutez et lisez l’Écriture, l’Ancien et le Nouveau Testament, du point de vue de la miséricorde de Dieu. Les dimanches de l’année qui s’ouvre reprennent beaucoup de textes de l’Évangile de Luc, un Évangile qui cerne bien cette caractéristique de Dieu. Cela sera d’autant plus facile !

2. Fêtons la miséricorde de Dieu dans nos célébrations et nos sacrements. La miséricorde ne se laisse pas seulement approcher par la raison mais aussi par le cœur et le corps. Notre liturgie toute entière nous fait entrer dans l’expérience unique de l’amour miséricordieux de Dieu. Je voudrais nommer ici tout particulièrement le sacrement de la réconciliation qui permet à chacun de faire l’expérience personnelle de cet amour pardonnant et miséricordieux. La miséricorde va bien plus loin que le simple rétablissement de l’état des anciennes relations, elle entraîne toujours plus profondément dans l’amour, le sacrement du pardon le montre bien.

3. Dernier point : celui ou celle qui fait l’expérience de la miséricorde de Dieu veut à son tour la partager. À la fin de l’Évangile de Matthieu, Jésus nous lègue sept œuvres concrètes de miséricorde : nourrir ceux qui ont faim, désaltérer ceux qui ont soif, habiller ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, soigner les malades, visiter les prisonniers et ensevelir les morts. À partir de là, les « œuvres spirituelles de miséricorde » se sont développées au fil des siècles. Il y a une dizaine d’années, Monseigneur Wanke, évêque d’Erfurt, a transcrit les œuvres de miséricorde dans notre époque. Pour lui, voici les formes de la miséricorde aujourd’hui : je fais un bout de chemin avec toi, je partage avec toi, je parle de toi en bien, je te rends visite, je prie pour toi... Je vous invite de tout cœur à transcrire vous aussi la miséricorde dans votre vie personnelle, à lui donner vie par vos œuvres. Et ce faisant, soyez miséricordieux envers vous-même.

Chers frères et sœurs, que je serai heureux si l’impulsion du pape François pouvait toucher le plus grand nombre dans notre archidiocèse de Hambourg ! C’est pourquoi je vous invite tous à vous réjouir de la miséricorde de Dieu, dans nos espaces paroissiaux et pastoraux, dans les associations, avec Caritas, dans nos écoles. J’invite les prêtres et les membres du clergé, les religieuses et religieux, et personnellement chacune et chacun d’entre vous à se réjouir de la miséricorde de Dieu. Réjouissons-nous de cette miséricorde et préparons-lui un chemin dans le quotidien de notre église et de nos communes.

Recevez mes sincères salutations, et la bénédiction de Dieu.

Votre archevêque,

† Stefan

Hambourg, le 6 décembre 2015

Traduction de l’allemand : Hélène Jean-Dupré

 


 

 

Paris, Vendredi 13 Novembre – Hambourg, Samedi 14 Novembre

Après

Gedenkstätte für die Opfer der Attentate in Frankreich 14. November 2015

 

Seigneur,
 
En ces temps de deuil pour la France et pour l’Europe, nous nous tournons vers Toi.
Toi seul peux accueillir les victimes des attentats qui ont ensanglanté Paris hier.
Toi seul peux consoler ceux qui ont perdu un être cher dans ce déchaînement du mal.
Toi seul peux nous aider à combattre cette sauvagerie sans nous laisser contaminer par elle.
Toi seul peux nous aider à surmonter la douleur et l’incompréhension.
Toi seul pourras nous aider à pardonner quand le temps sera venu.
 
Les mots du psalmiste résonnent encore aujourd’hui...
 
Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui.
Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je suis inébranlable.
Combien de temps tomberez-vous sur un homme pour l’abattre, vous tous,
comme un mur qui penche, une clôture qui croule ?
Détruire mon honneur est leur seule pensée : ils se plaisent à mentir.
Des lèvres, ils bénissent ; au fond d’eux-mêmes, ils maudissent.
Je n’ai mon repos qu’en Dieu seul ; oui, mon espoir vient de lui.
Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je reste inébranlable
 
Amen

 

Samedi 7 Novembre

 

Le 7 novembre le vicaire épiscopal Hans-Jochen Jaschke a célébré la messe pour les confirmations de Hugues, Nina et Cyrille en présence de leurs familles.
Un diner festif a suivi la cérémonie dans les salles paroissiales.
Ce fut une belle célébration eucharistique et un beau moment de joie et de partage fraternel.
 

 Les célébrantsLes confirmandsParrains, marraine et accompagnatrice des confirmands

 


 

Mercredi 30 Septembre

Réunion d'information sur la situation des migrants à Hambourg

 

Soeur Béatrice, Xavière, est venue mercredi 30/09 nous parler de son travail auprès des migrants du camp ZEA "Zentrale Erstaufnahme" de Schnackenburgallee (près de 3000 hébergés). Les sujets abordés:

 

Voici quelques documents concernants les multiples façons d'aider les migrants de Hambourg:
Article sur des idées d'aide préparé par Béatrice elle-même
Article du Morgen Post sur les réfugiés en allemand

Ainsi vous pourrez choisir une façon individuelle d'aider. A noter que pour les dons d'objets volumineux, il vaut mieux s'adresser au camp le plus proche de chez vous. Vous trouverez la liste des camps sur le site hamburg.de (voir début du document de Béatrice).

 

En outre, la paroisse réfléchit à des idées de soutien collectif:

 

Nous allons proposer une discussion sur la page Facebook avant de prendre une décision

Mais toute contribution par e-mail est également la bienvenue.

 


Vendredi 20 mars 2015

Lettre pastorale de Stefan Heße

à loccasion de sa prise de fonction comme archevêque de Hambourg

 
Logo évêché d'Hambourg
 
Chers frères et sœurs de l’archevêché de Hambourg,
 
Le 26 janvier dernier, le pape François m’a nommé comme votre nouvel archevêque. Entre ma nomination et ma consécration épiscopale ce 14 mars, il n’y aura eu que 8 semaines. Quand je pense qu’il y a plus de 20 ans, j’ai pu me préparer pendant sept longues années à mon ordination sacerdotale, je me sens un peu dépassé par les événements. Cependant, je ne vais pas aborder mon ministère épiscopal autrement que j’avais abordé alors mon ministère sacerdotal. À l’époque, j’avais choisi une phrase de la prière du soir de l’Église, une parole que nous prions chaque jour et que nous retrouvons en essence dans le récit du martyre de saint Étienne, mon saint patron (Ac, 7, 59) : « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».
 
Je n’ai en ce moment pas d’alternative ; j’en suis intimement convaincu et j’en ai déjà fait l’expérience à plusieurs reprises ces dernières années : je peux faire confiance à Dieu, lui qui s’en remet à moi. Les semaines écoulées entre ma nomination et aujourd’hui m’ont encore plus conforté dans cette attitude de confiance. Nombreux ont été ceux qui ne m’ont pas seulement félicité mais qui m’ont aussi assuré de leur prière. Le chapitre m’a choisi, le pape m’a nommé. Ce sont des marques de confiance. C’est en mettant ma confiance en Dieu que je viens dans l’archevêché de Hambourg. Je me sens relié à tous les chrétiens de mon nouveau diocèse, y compris au bienheureux Eduard Müller, l’un des martyrs de Lübeck décapité en 1943, qui avait transformé en une prière personnelle la parole que j’ai choisie pour devise :
 
Seigneur, voici mes mains,
mets-y ce que tu veux,
enlève ce que tu veux,
conduis-moi là où tu veux.
Qu’en tout soit faite ta volonté.
 
C’est fort de cette confiance que je viens à Hambourg, dans le Schleswig-Holstein et dans le Mecklembourg. C’est fort de cette confiance que je viens vers vous dans vos paroisses, mais aussi vers ceux qui ne se sentent plus membres de l’Église ou qui ne le sont pas encore.
 
1.  C’est fort de cette confiance que je quitte l’un des plus anciens évêchés d’Allemagne, celui de Cologne, pour venir dans le plus jeune diocèse de notre pays, en étant pour le moment le plus jeune évêque allemand. D’où la question que l’on peut se poser : l’Église est-elle jeune ou plutôt vieillissante ? Dieu merci, la chrétienté a déjà connu une longue et belle histoire dans notre pays, avec certes des faiblesses et des errances. C’est pour moi un très grand honneur d’être ici dans le nord, de pouvoir mettre mes pas dans les pas de saint Ansgar, grand évêque missionnaire, et d’être, après Ludwig Averkamp et Werner Thissen, le troisième archevêque de Hambourg. Je souhaite remercier chaleureusement l’archevêque Werner, notre administrateur diocésain Ansgar Thim et Norbert Werbs et Hans-Jochen Jaschke, nos évêques auxiliaires, pour les services rendus ces dernières années dans la foi, la fidélité et la disponibilité.
 
J’en suis persuadé : l’Église n’est pas un musée, et notre rôle de chrétiens n’est pas uniquement de préserver le passé. L’Église se doit de vivre au présent. Certes, les années qu’elle compte s’additionnent, mais nous chrétiens devons rajeunir en permanence. Je remercie Dieu pour le dynamisme religieux présent dans le cœur de chaque chrétien. C’est avec joie que je regarde les nombreux mouvements présents dans l’Église, les renouveaux, l’essor de communautés et bien sûr les initiatives diaconales et pastorales. Je suis sûr que c’est l’Esprit de Dieu qui veut que l’Église reste jeune et qui le lui permet, c’est l’Esprit de Dieu qui l’aide à se rajeunir en permanence. Le dernier jour sera le premier jour d’une vie nouvelle, le premier jour d’un renouveau. Pour nous chrétiens, ce ne sont pas seulement de pieuses paroles, c’est la réalité à laquelle nous aspirons.
Pleins de dynamisme, nous portons notre regard vers le futur.
 
2.  Me voici dans le plus grand diocèse d’Allemagne de par sa superficie. Il recouvre trois Länder, ceux de Hambourg, du Mecklembourg et du Schleswig-Holstein. En apprenant ma nomination, je me suis immédiatement penché sur une carte pour prendre pleinement conscience de l’étendue de mon nouveau diocèse. Je serai sûrement amené à voyager souvent, à parcourir des kilomètres en voiture ou en train. Je serai confronté aux problèmes habituels, aux bouchons, aux retards, peut-être même à un accident.
 
Nous, chrétiens, sommes des pèlerins. Nous sommes toujours sur le départ. Être chrétien, cela ne veut pas dire rester tranquillement dans son fauteuil. Être chrétien, cela signifie bien plus partir, aller jusqu’aux confins de la vie, jusqu’aux confins du monde. La superficie de l’archevêché de Hambourg me fait à prendre conscience de la vie des milliers de personnes qui y vivent, et de la dimension incommensurable que chacune de ces vies porte en elle. Notre diocèse donne sur la mer. Par ses grands ports, à Hambourg, Kiel ou encore Rostock, il ouvre et s’ouvre au vaste monde. La dimension de la vie et la grandeur de l’être humain restent pour moi des sujets toujours plus fascinants. Je crois que chaque vie a besoin d’un horizon vaste et ouvert. Sans cela, elle ne serait pas en mesure de se réaliser pleinement, à sa juste valeur. Et qu’espérer alors pour l’avenir ?
 
L’étendue de notre vaste diocèse me fait penser à la prière des croyants dans les psaumes : « Tu m’as dégagé, mis au large » (psaume 18). Dieu est par son essence même d’une grandeur et d’une vastitude incommensurables. Il est un secret éternel auquel il aimerait que nous ayons toujours plus part. Nous croyons en un Dieu qui se révèle et qui vient vers nous, les hommes. En ouvrant à Dieu les portes de nos vies, nous le laissons remplir de sa plénitude notre immensité. C’est aussi cela qui permet à notre foi de rester jeune et qui rend nos vies passionnantes.
 
3.  Les ponts sont une réalité bien présente dans notre diocèse. On dit même que Hambourg compterait plus de ponts que Venise. Le canal de la Mer du Nord à la Baltique de Rendsburg est impressionnant. J’aurai demain le plaisir d’emprunter le pont qui relie le château de Schwerin à la ville elle-même. Un pont permet de relier deux rives, de mettre en contact deux endroits séparés afin que l’on puisse passer de l’un à l’autre. Je vois dans cette idée une dimension centrale pour mon ministère d’évêque, mais aussi pour notre diocèse. En langage ecclésial, nous disons du pape et des évêques catholiques qu’ils sont des Pontifex, des pontifes, des bâtisseurs de ponts. Nous, chrétiens, nous pouvons nous consacrer à cette tâche de bâtisseurs de ponts car nous croyons en un Dieu qui ne se lasse jamais de jeter des ponts entre lui et le monde, entre lui et nous. L’Ancien Testament regorge de ces ponts et Jésus Christ est pour nous le pont devenu homme, la personnification de la communication et de la communion avec Dieu. Il relie l’éternité et le temps, la déité et l’humanité, ce monde-ci et l’autre monde. Nous n’avons aujourd’hui plus rien d’autre à faire que d’emprunter ce pont, que de passer par Jésus Christ.
 
Moi, nouvel évêque de Hambourg, je veux emprunter des ponts pour aller au-devant des hommes et leur apporter un peu de l’immense espérance et de la foi sur lesquelles j’ai bâti ma vie. Puissent les nombreux ponts de notre archevêché me rappeler de ne jamais rester sur une seule rive et m’encourager toujours à traverser, à aller vers les jeunes et les moins jeunes, vers les bien-portants et les malades, vers ceux que la vie comble et surtout vers les laissés-pour-compte, les oubliés de la vie. Puissent ces ponts m’inciter à jeter des ponts vers les croyants d’autres confessions et d’autres religions, vers le monde politique et les instances gouvernementales, vers le monde des affaires et l’administration ; vers chacun, dans ses lieux de vie. Dans nos paroisses aussi, nous devons emprunter des ponts et aller vers les personnes qui vivent à côté de nous mais qui ne partagent pas notre foi. Nous emprunterons des ponts pour marcher vers le futur et explorerons certainement bien des rivages encore inconnus. Jour après jour, nous devrions prendre le pont qui mène à Dieu, le pont Jésus Christ.
 
Chers frères et sœurs ! Dans le diocèse le plus jeune, le plus étendu et le plus riche en ponts de l’Allemagne, je souhaite commencer dès maintenant mon ministère épiscopal dans la confiance, la joie et l’espérance. Je souhaite commencer en appelant sur vous tous la bénédiction de Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Amen.
 
Votre nouvel archevêque + Stefan
 
Hambourg, le 14 mars 2015

 

Traduction de l’allemand : Hélène Jean-Dupré
 

Dimanche 11 janvier 2015

Baptême de Jésus – Homélie du Père Jan Roser SJ

après les attentats de Charlie Hebdo

 
 Le récit du baptême de Jésus, que nous venons d’écouter, est moins évident que nous le pensons. Il apparaît même un peu étrange. Jésus a-t-il besoin d’être baptisé ? Évidemment pas de notre baptême chrétien reçu en son nom. Mais alors pourquoi a-t-il besoin d’être baptisé par Jean qui ne le veut pas ?
Le baptême de Jean est donné « en rémission des péchés », pour permettre à l’homme de passer à une vie unie avec Dieu. Mais cela n’est évidemment pas nécessaire pour Jésus, qui est le Fils de Dieu, qui est déjà un avec son Père. Et pourtant Jésus veut ce baptême. Car il s’assimile aux pêcheurs. Il se veut un homme comme les autres. Dans Luc, le récit nous dit avec une fausse naïveté : Or comme tout le monde était baptisé, Jésus, baptisé lui aussi, priait.  Rien de plus ordinaire apparemment que ce baptême, mais rien de plus étonnant aussi.
 
Le Christ vient dans le monde, pour partager totalement  la vie des hommes. Il ne vient pas jouer à Dieu sur la terre, un Dieu qui survolerait l’humanité. Il ne joue pas à l’Incarnation – il la réalise jusqu’au bout, jusqu’à la mort, la mort sur la croix (Phil 2,8). Il prend la condition humaine pour atteindre chaque homme et chaque femme et pour les rendre capables de servir et d’aimer en suivant son exemple, pour les diviniser en s’humanisant. C’est le paradoxe de la grandeur de Dieu. Il se fait petit pour révéler la vraie grandeur d’une vie humaine réussie : vivre dans le service et dans l’amour qui se révèlent comme l’essence de Dieu, son être profond.
 
Dieu est grand. Allahu Akbar ! Ce sont les mots qu’ont criés les deux assassins qui ont tué les rédacteurs de « Charlie Hebdo ». En même temps, ils ont réduit à rien ce Dieu, qu’ils voulaient confesser et défendre. Avec la bouche, ils disent Dieu est grand et avec la main : Dieu est une brute criminelle qui doit être défendue par le crime. Voilà le paradoxe et le tragique d’une religion complètement pervertie et abusée par deux assassins, perdus dans la haine et le mépris face à la vie humaine. C’est la marque de tout fondamentalisme religieux : qu’il se croit défenseur de Dieu en l’ignorant complètement.
On a pu lire qu’il faut maintenant faire reculer toutes les religions de la vie publique, car elles génèrent la violence. Cette thèse montre les mécanismes efficaces de l’ennemi de la nature humaine : au lieu de reconnaitre la vraie source de la violence dans l’âme humaine, on accuse Dieu qui essaie au contraire de libérer l’homme de ses démons personnels et sociaux, Dieu qui -le jour du baptême- a désigné en Jésus l’image de ce que nous sommes appelés à être en Lui et par Lui, des Fils bien-aimés du Père : celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour. 
 
Est-ce que nous sommes prêts à suivre ce Fils de Dieu ? Est-ce que nous sommes prêts à accueillir les étrangers et refugiés malgré les difficultés qu’apportent les différences culturelles et religieuses, et les éclatements de violence suite à l’injustice d’un monde partagé entre richesse et pauvreté ? Est-ce que nous sommes prêts à pardonner et travailler sans relâche pour la réconciliation d’un monde, divisé par la haine et l’égoïsme individuel et social ?
 
Les attentats de Paris nous donnent une occasion triste de plus de montrer qu’être chrétien, ce n’est pas réagir par exclusion, ripostes et haine à la violence, mais par un engagement renforcé pour la paix, la réconciliation et la justice entre les peuples et les religions, à la suite de Jésus, le prince de la Paix et l’image d’un Dieu qui est vraiment grand dans son service et dans son amour pour la vie des hommes.